Le jour où je me suis rendue au bout de la Grande Muraille de Chine

Chine - Hors des sentiers battus

Publié le Fri Nov 27 22:29:29 CET 2015 par :

decouvertemonde

Baroudeur, routard

Rédacteur

La Grande Muraille de Chine fait plus de 6000km. Un jour, je me suis rendue dans sa partie la plus occidentale, au coeur du désert dans la province du Gansu. Retrouvez le récit de cette journée mémorable.

Le jour où je me suis rendue au bout de la Grande Muraille de Chine

Jiayuguan: Le début des terres inconnus

 

Jiayuguan, un nom difficile à retenir que je n’avais jamais entendu avant de m’intéresser à la Route de la Soie et que je décide d’en faire ma destination.

 

Jiayuguan, le nom que bien des hommes ont dû craindre alors qu’ils se dirigeaient vers l’Ouest. Une fois son fort et sa porte traversés, ils se retrouvaient en territoire inconnu, à la merci des barbares.

 

Jiayuguan, une ville aujourd’hui industrielle et sans charme, mais qui permet de vivre une expérience assez particulière. Marcher sur le dernier tronçon, la partie la plus occidentale de la Grande Muraille de Chine, celle construite sous la dynastie Ming.

 

Pour être honnête, je n’ai jamais vu la Grande Muraille telle qu’on la connaît. Celle parfaitement reconstruite, près de la capitale, que l’on retrouve sur toutes les images et photos qui évoquent la Chine.

 

Pour être fidèle à moi-même, il fallait que je fasse les choses un peu différemment. Je rêvais de l’arrière-pays chinois avec ses grandes étendues désertiques. De pouvoir les traverser, le nez collé à la fenêtre du train pendant des heures interminables et à me demander ce que je fou dans un coin aussi paumé. Mais pour l’amatrice d’histoire et d’itinéraire de légende que je suis, parcourir la Route de la Soie allait de soi. C’est donc lors de ce périple, à travers la province du Gansu, que j’ai abouti à Jiayuguan.

 

J’ai d’abord fait la visite de l’icône de l’endroit, un énorme fort militaire où des soldats de l’Empire chinois assuraient la protection de leur « territoire civilisé » des « barbares » de l’autre côté du mur. Je me suis ensuite dirigée à quelques kilomètres de là pour atteindre et voir de mes propres yeux l’extrémité ouest de la muraille.

 

 

La partie la plus occidentale de la Grande Muraille de Chine

 

Cette portion de cette gigantesque œuvre architecturale est beaucoup moins impressionnante de part sa dimension que celle que l’on retrouve à l’Est du pays. De taille plus modeste et un peu maladroitement reconstruite, elle grimpe en pente raide à même les montagnes dénudées. Avec ses petites tours de guet, elle offre un ensemble visuel plutôt intéressant.

 

Après avoir laissé passer un groupe de Chinois plutôt bruyant, nous avons fait son ascension jusqu’au sommet de la montagne où elle se termine brusquement. La montée demeure quand même assez physique et à certains endroit, on se demande vraiment comment la muraille a pu protéger quoique ce soit tellement ses remparts sont bas. Une simple enjambée suffit à la traverser. J’en déduis que c’est probablement un défaut de restauration.

 

Une fois au sommet, nous avons passé plusieurs minutes à profiter de la vue sur les montagnes et les étendues désertiques plus à l’Ouest et au Nord qui contrastent grandement avec la ville de Jiayuguan et les hautes cheminées de ses industries derrière nous.

 

Sur une chaîne métallique pend les cadenas que des couples installent pour sceller leur amour, à l’image du pont des Arts à Paris. D’autres préfèrent plutôt regrouper des pierres sous forme d’un cœur au sol en y inscrivant leurs initiales à l’intérieur. J’ignore la raison première d’avoir fait de ce lieu associé à la guerre, un symbole de l’amour. Peut-être parce que la muraille a perdu sa vocation de diviser, alors que les territoires qui sont de part et d’autre sont aujourd’hui unis. Ce lieu symbolique représente donc l’endroit où deux entités s’unissent pour ne former qu’un.

 

Malgré que ce soit devenu un lieu touristique, comme pratiquement partout en Chine d’ailleurs, ce lieu stratégique et militaire a une grande importance dans l’histoire de la Route de la Soie. Et maintenant, je peux m’enorgueillir de m’être rendue au bout de la légendaire Grande Muraille de Chine qui débute à plus de 6 000km à l’Est.

 

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