Le volcan Cotopaxi, mon premier 5000 mètres

Équateur - Journal de bord

Publié le Sat Aug 29 02:50:53 CEST 2015 par :

decouvertemonde

Baroudeur, routard

Rédacteur

Récit de mon ascension du volcan Cotopaxi,en Équateur, jusqu'à sa calotte glacière à 5000 mètres d'altitude.

Le volcan Cotopaxi, mon premier 5000 mètres

À l’heure où des vidéos et des photos du volcan Cotopaxi en activité animent la presse internationale, je me remémore ce géant équatorien et ma randonnée sur ses versants il y a de cela deux ans.

 

J’ai une pensée pour tous ces gens qui sont évacués ou qui doivent vivre avec le stress de voir leurs maisons démolies et leurs champs inaptes à la culture.

 

Lorsque j’ai mis mes pieds sur ce cône volcanique, icône de l’Équateur, je n’aurais pas pu imaginer qu’il puisse se réveiller d’aussi tôt. Il semblait endormi, figé sous son accumulation de cendres qui donne l’impression que nous sommes sur la lune.

 

Fébrilité et crainte

Ce matin-là, après avoir pris quelques jours pour s’acclimater dans les montagnes environnantes, nous avions décidé de faire l’ascension du Cotopaxi jusqu’à sa calotte glaciaire qui culmine à 5000 mètres d’altitude. La montée ne s’annonçait pas très difficile, car une bonne partie du trajet allait se faire en 4x4. Seuls les 500 derniers mètres de dénivelé allaient se faire à la force de nos jambes.

 

Nous étions assises dans la voiture et plus nous nous approchions, plus je pouvais regarder le volcan dans toute sa splendeur. Son sommet, avec sa couche de glace, se faisait discret derrière les nuages. Il se montrait qu’à l’occasion pour notre plus grand plaisir.

 

J’avais la crainte au ventre en écoutant le discours répété du guide sur les risques de l’altitude et comment nous devrions réagir face à ses maux potentiels. Je n’étais jamais allée aussi haut et j’avais peur d’en souffrir.

 

Mon ascension jusqu'au glacier

C’est d’un pas à moitié assuré que nous avons commencé l’ascension du petit chemin sinueux qui grimpait vers un refuge. Ils étaient lents pour laisser le temps nécessaire à notre corps de s’acclimater. Cette lenteur imposée nous laissait tout le loisir d’admirer les paysages du parc. D’énormes plaines post-apocalyptiques s’étendaient à perte de vue. Un territoire façonné sur des kilomètres à la ronde par ce volcan sur lequel nous nous trouvions. Avec l’altitude, l’air s’était refroidi. Une fine neige tombait du ciel à ma grande stupéfaction. Malgré le froid, je demeurais concentrée sur mes pas, sur mon rythme cardiaque et l’état général de mon corps. Jusqu’à maintenant, je réagissais plutôt bien à l’altitude.

 

En arrivant au refuge qui sert de camp de base à ceux faisant l’ascension totale, nous avions décidé de continuer pour rejoindre le glacier un peu plus haut. J’avais envie de toucher à cette glace qui donne le caractère si majestueux à cette montagne. Pendant que nous nous adonnions à une séance photos, des grimpeurs pratiquaient les techniques d’alpiniste en vue de leur ascension qu’ils feraient quelques heures plus tard. J’aurais bien aimé avoir le courage de la faire en entier. Mais pour une première fois, 5000 mètres, c’était déjà pas mal.

 

Après un bref arrêt au refuge pour se réchauffer et boire le thé, c’est en sautillant et en simulant une descente en slalom que nous avons dévalé les parois du volcan. Le rythme lent de la montée avait fait place à une course folle pour la descente. Aucun obstacle n’entravait notre chemin. Seulement une grande épaisseur de cendre pour amortir nos pieds fougueux de ce 5000 mètres réussis.

 

Un mal de tête terrible

Sur la route du retour, un mal de tête s’implantant peu à peu me fit perdre mon entrain. Même le repas de poulet tant attendu devenait moins appétissant. C’est à ce moment que le guide nous fit part de cet élément non négligeable. Le processus de la descente est aussi important que celui de la montée. Qu’il doit se faire à un rythme aussi lent pour permettre au cerveau de rependre son format initial en évitant un trop gros choc. J’étais fâchée intérieurement contre lui, de ne pas nous avoir donné les informations nécessaires à notre sécurité.

 

En soirée, le mal de tête devint terrible. Un mal comme je n’en avais jamais ressenti auparavant. Heureusement, suite à une bonne nuit de sommeil, tout redevint à la normale. En regardant mes photos de la veille, je ne regrettais en rien cette montée à si haute altitude, et ce, malgré la douleur qu’elle m’avait provoquée. Un paysage comme celui-ci ne s’oublie pas.

 

Cette nouvelle phase d’activité volcanique façonnera de nouveau ce territoire qui sera probablement bien différent à l’avenir pour les randonneurs et les alpinistes qui fouleront son sol.

 

Rachel L.

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