Bodie : Au temps de la ruée vers l’or

États-Unis - Journal de bord

Publié le Wed Jul 22 03:04:52 CEST 2015 par :

decouvertemonde

Baroudeur, routard

Rédacteur

Bodie est une ville fantôme de l'époque de la ruée vers l'or en Californie. Je vous raconte ici ma visite de ce lieu où l'imaginaire côtoie le réel.

Bodie : Au temps de la ruée vers l’or

Le Jeep prend un virage et puis un autre. Nous avons quitté la vallée pour nous diriger vers les montagnes arides de la Sierra Nevada. L'air, toujours aussi sec, se rafraîchit peu à peu alors que nous grimpons en altitude. Les panneaux en faisant mention accompagnent notre montée. Une ascension rapide dans la montagne nous fait atteindre les 8000 pieds. Nous sommes maintenant à plus de 2500 mètres par rapport au niveau de la mer et je sens que l'on approche.

 

À chaque virage en épingle à cheveux, je projette mon regard vers l’avant, impatiente d’apercevoir ce que nous sommes venues voir au cœur de ces montagnes de la partie orientale de la Sierra Nevada.

 

Au loin, sur de petites collines aux teintes jaunâtres dues à la sècheresse qui sévit dans cette région, se détachent de petits bâtiments en bois. Impatiente, je sors à la hâte de la voiture pour en admirer l’ensemble.

 

Bodie : Ville fantôme du temps de la ruée vers l'or

Bodie est l’une des villes fantômes les mieux préservées de la Californie. Elle aurait abrité jusqu’à 10 000 habitants lors de son apogée à l’époque de la ruée vers l’or dans la seconde moitié du 19ème siècle. Après avoir été victime de deux incendies ayant détruits la majeure partie de ses bâtiments, la ville fut laissée à l’abandon dans les années 1930 avant de devenir un parc historique d’État. Bien qu’il reste sur place que 5% des bâtiments de l’époque, s’y retrouver est un vrai plongeon dans ce pan de l’histoire du Far West.

 

Lorsque l'imaginaire côtoie le réel

Munie de ma petite carte offrant aux visiteurs de l’information sur chaque bâtiment, je me dirige dans ce dédale de petites rues. J’oublie rapidement tous les noms de ces gens inscrits sur le dépliant et je me plonge plutôt dans cet univers. J’essaie d’imaginer la vie à cette époque avec les habitants quittant leur maison le matin pour se rendre à la mine et la grande usine qui surplombe le site. Je les imagine ensuite assis dans la minuscule église à tenter de se réchauffer auprès des petits poêles en écoutant le sermon du prêtre. Les hivers à cette altitude devaient être rigoureux. D’un œil curieux, je m’oriente instinctivement vers chaque fenêtre des maisons ou des magasins pour en admirer l’intérieur. Plusieurs meubles et objets remplissent ces espaces aujourd’hui absents de vie. Ces objets d’un temps révolu délaissés par leurs propriétaires, partis trop rapidement.

 

La magie du lieu fait son œuvre. Je passe plusieurs heures à gambader d’une bâtisse à une autre. Dans l’école, les pupitres sont encore enlignés, le tableau recouvert de calculs mathématiques alors que dans l’hôtel qui a probablement connu de grosses soirées, le bar et les tabourets attendent patiemment le retour des clients qui ne reviendront jamais.

 

Au bout d’une petite rue, un vieux bâtiment qui servait de prison ne se distingue guère des autres. Seuls quelques barreaux aux fenêtres rappellent qu’il détenait, entre ses murs, les plus grands brigands de l’époque. Dans cette petite bourgade perdue au cœur de la Sierra Nevada, où la richesse de certains devait faire des envieux, la violence était chose commune. Des fusillades, des hold-up et des règlements de compte avaient lieu constamment. La ville avait très mauvaise réputation au pays. Avec sa soixantaine de saloons et l’alcool qui y coulait à flot, l’or et les armes, les rivalités entre hommes devaient être d’une grande violence et sans merci. Pour le concept et s’amuser un peu, nous avons simulé un duel de cowboys de l’époque de la ruée vers l’or. Comme dans les bons vieux films westerns. Mais je dois admettre qu’avec des sandales aux pieds, il est bien difficile de se donner des airs menaçants.

 

Le soleil commençait à descendre dans le ciel lorsque nous avons quitté Bodie, exténuées de cette visite, mais la tête remplie d’histoires rocambolesques. Le plaisir d’une visite dans une ville fantôme telle que celle-ci est justement de se laisser prendre à ces jeux d’enfants et de laisser son imagination faire le reste.

 

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