Au coeur des rocheuses canadiennes sur la promenade des glaciers

Canada - Journal de bord

Publié le Fri May 29 18:20:41 CEST 2015 par :

decouvertemonde

Baroudeur, routard

Rédacteur

Retrouvez le récit de mon aventure au coeur des montagnes rocheuses de l'Alberta sur la promenade des glaciers, la Icefield Parkway, l'une des routes les plus spectaculaires du Canada.

Au coeur des rocheuses canadiennes sur la promenade des glaciers

Le pouce levé, le long de la route, nous attendons patiemment qu’une voiture se range sur l’accotement. La chaleur d’un doux soleil de printemps mélangé à l’air frais balayé des montagnes enneigées rend la température agréable.

 

Mon énorme sac à dos déposé sur le sol ne peut trahir mon statut de vagabonde. Une semaine plus tôt, j’étais encore à Montréal. Je comptais les minutes avant mon départ pour ce voyage sans date de retour. Il m’aura fallu trois jours et deux nuits pour rejoindre en autobus le point initial de cette aventure, Jasper en Alberta.

 

 

La promenade des glaciers

 

En bord de route, avec des amies, je viens de quitter cette petite bourgade tranquille où le jour, en ce temps de l’année, semble s’éterniser au détriment de la nuit.

 

Je n’ai qu’un objectif en tête, parcourir les 300 km qui me séparent de Banff en passant par la promenade des glaciers (Icefield Parkway) dans les rocheuses canadiennes. Cette route panoramique entre Jasper et le Lac Louise est considérée comme l’une des plus belles au monde. Je revois dans ma tête les images que j’ai contemplées au fil des années. Le Lac Louise, avec son eau turquoise, imprimée sur une tasse à café, ou encore, les photographies aériennes du glacier Athabaska que j’ai analysé lors de mes études en géographie. Ces endroits défiant tous les qualitatifs de beauté qu’on peut donner, je voulais les voir de mes propres yeux.

 

Un jeune garçon s’arrête finalement pour nous prendre. Il sonne le départ d’une aventure de deux semaines au cœur de paysages splendides des montagnes rocheuses.

 

Le long de cette route mythique, les montagnes au pic enneigé se succèdent. La route serpente à travers ce décor digne des plus belles cartes postales. La beauté de l’endroit nous force à s’arrêter pour l’admirer. J’ai le nez collé à la fenêtre de la voiture, le regard tantôt élevé vers les sommets, tantôt projeté vers les lacs ou les rivières que l’on croise, dont l’impressionnant lac Peyto. Sa couleur éclatante resplendit à travers la couche de glace qui le recouvre.

 

Notre premier arrêt pour la nuit se fait dans une petite auberge jeunesse rudimentaire située entre Jasper et le Lac Louise.

 

 

Beauty Creek – une soirée déconnectée de tout

 

Sur le bord d’un cours d’eau, au milieu d’une nature sauvage, il y a ce petit bâtiment, le Beauté Creek. Très rudimentaire, il n’offre que le minimum nécessaire pour pouvoir apprécier la tranquillité du lieu. En cette journée, nous sommes seules sur place avec Tim, l’Australien, qui s’occupe de l’auberge. Il n’y a rien d’autre à faire qu’être contemplatif de cette nature si généreuse. C’est donc sous cette note plutôt poétique que je passe cette journée.

 

Lorsque la froideur et la noirceur de la nuit nous atteignent finalement, c’est autour d’un bon feu que nous nous rassemblons pour discuter de voyage, de terres lointaines tout en dégustant une spécialité australienne. En cette soirée du mois de mai, dans le fin fond d’une route d’Alberta, la culture québécoise rencontre celle de l’Australie.

 

Au petit matin, le pouce de nouveau levé, nous nous dirigeons vers le Lac Louise.

 

 

De beauty creek au Lac Louise – la beauté sauvage

 

Malgré le peu de kilomètres pour rejoindre le Lac Louise, nous passons plusieurs heures sur la route. Un court arrêt nous amène à côté d’une grande chute qui laisse tomber son flot de liquide dans le fond d’une crevasse. Le bruit du torrent recouvre nos voix tandis que les gouttelettes fraîches aspergent nos visages ravis.

 

Au détour d’un virage, le paysage change pour devenir complètement blanc. Une énorme langue glacière, figée dans une vallée, rejoint presque la route. Nous sommes à l’extrémité du glacier Athabaska, cet amas de glace formée depuis des millénaires. Nous marchons pour le rejoindre, des panneaux indiquent l’emplacement du front du glacier à différentes époques. Il se retire peu à peu, subissant les aléas des changements climatiques. Lorsque j’arrive à sa rencontre, je me penche pour en prendre un morceau. Les cristaux sont clairement définis, on pourrait presque y lire leur histoire. J’ai l’impression de tenir dans mes mains une partie de l’histoire de la terre. Nous restons là à l’admirer, sans trop oser s’y aventurer. Le glacier Athabaska nous laisse simplement sans mot.

 

 

Lac Louise – travail et fête dans un cadre splendide

 

Nous passons une semaine au Lac Louise à entretenir l’auberge jeunesse afin de payer notre hébergement. Entre la peinture et l’entretien du terrain, nous faisons de petites virées dans la région. Le Lac Louise, quoique très touristique, est très joli. À ce qu’il paraît, il viendrait de caler quelques heures plus tôt. Nous sommes pile au bon moment pour assister à son réveil printanier. La couleur de l’eau est aussi éclatante que sur la tasse de ma jeunesse. Des montagnes encore enneigées en arrière-plan offrent un super contraste avec l’eau d’un magnifique turquoise.

 

Entre l’admiration des paysages et nos heures de travail, nous profitons de chaque moment pour faire la fête. Les voyageurs venus s’installer pour travailler durant la saison touristique sont en grand nombre. Nous créons un réseau d’amis rapidement et c’est entre les appartements au style « d’auberges espagnoles » et les quelques bars du village que nous passons nos soirées.

 

Mais il est déjà temps de partir pour rejoindre notre dernière destination avant de continuer notre route vers la Colombie-Britannique pour le début de la saison de la cueillette des fruits.

 

 

Banff – petite escale touristique

 

C’est donc à Banff que nous passons les derniers jours de cette aventure dans les rocheuses canadiennes, sur la Icefield Parkway.

 

Petit bourg très touristique, nous nous posons à peine. Le temps seulement de visiter un peu l’endroit et de se prélasser dans les bassins chauffés naturellement pendant que de gros grêlons s’abattent sur nos têtes.

 

Sur le bord de la route, le pouce levé, nous laissons derrière nous ces paysages sublimes qui font notre fierté canadienne. Nous continuons vers la seconde étape de ce voyage.

 

Ce voyage sans date de retour aura finalement durée cinq mois.

 

Pour en savoir plus sur mes aventures, retrouvez-moi sur mon blog voyage Découverte Monde.

 

Rachel

Connectez-vous pour laisser un commentaire.

À LA UNE : l'article de decouvertemonde

À LIRE dans la tribune Aventures & Explorations