La cabane à sucre : Une expérience québécoise authentique

Canada - J'ai testé pour vous

Publié le Mon Mar 30 05:01:51 CEST 2015 par :

decouvertemonde

Baroudeur, routard

Rédacteur

Aller à la cabane à sucre est une coutume québécoise et une expérience authentique à faire lors d'un voyage au Québec. Je vous amène dans l'univers du sirop d'érable où plaisir partagé et bonnes nourritures copieuses sont au coeur de cette expérience traditionnelle.

La cabane à sucre : Une expérience québécoise authentique

« Tourne à gauche sur la petite route de terre, on est arrivé. »

 

Au bout du chemin, nous arrivons devant une grande cabane au toit rouge. Nul doute, nous sommes au bon endroit.

 

Nous garons la voiture à côté de deux énormes chevaux au pelage foncé. Tournant à peine la tête à notre vue, ils nous regardent sans trop d’étonnement. Comparativement aux autres visiteurs qui rejoignent leur famille rapidement pour s’étreindre et se faire la bise, je me dirige plutôt vers les bêtes. Patiemment, elles attendent l’heure de leur prochain départ au cours duquel elles amèneront les clients visiter l’érablière.

 

Malgré mes souliers non adaptés, je m’oriente vers un petit sentier dans la forêt. La neige est encore bien présente par endroit, mais le sentier ne ressemble plus qu’à une allée de boue.

 

Comme à chacune des fois où je vais à la cabane à sucre, je m’approche des récipients en métal accrochés aux arbres dans lesquels la fameuse substance, la sève de l’érable, est recueillie méticuleusement. J’en décroche un que je porte à mes lèvres. Ce petit goût d’eau aux arômes sucrés a quelque chose de spécial. Il est représentatif de ma culture, celle de mon pays (ou de ma province comme vous l’entendez), mon Québec. Cet « or » sucré est l’ingrédient premier de notre délicieux sirop d’érable qui est reconnu à travers le monde.

 

Je prends le temps de profiter de ce contact avec la nature avant de rentrer dans le bâtiment principal qui sert de cuisine et de salle à manger.

 

À proximité de la cabane, sous une petite structure de bois, deux hommes me saluent de la main. Ils préparent leurs instruments et installent la nouvelle neige dans le grand bac qui recevra, plus tard en soirée, la délicieuse tire d’érable, ce sirop qui épaissit une fois sur la neige. Il devient alors possible de la recueillir en l’enroulant autour d’un petit bâtonnet en bois. Enfant, je me souviens que manger la tire était le moment le plus important d’une sortie à la cabane à sucre. J’en raffolais, comme tout le monde d'ailleurs.

 

À chaque année, ou presque, nous allons à la cabane pour déguster, en famille ou entre amis, et ce, dans un décor rustique et traditionnel, ce liquide onctueux et sucré, fabriqué dans nos érablières. Ici, nul besoin de mettre les habits propres du dimanche, une simple chemise (parfois même à carreaux pour l’occasion) et un jean sont appropriés.

 

L’intérieur du bâtiment est très modeste. Le style campagnard est mis de l’avant. On se croirait à l’intérieur des vieilles maisons du Québec d’antan. De longues tables avec des nappes à carreaux rouges et blancs remplissent la salle. Nous nous installons pour le service du soir ainsi que plusieurs familles venues pour la même occasion.

 

L’ambiance est joviale et agréable. Une musique traditionnelle remplie la salle de sons familiers. Plus tard en soirée, lorsque tous auront mangé et que les tables seront déplacées, elle entraînera sur la piste de danse les jeunes et moins jeunes sur des airs qui traversent les époques. Des chansons actuelles autant que des danses en ligne nous amuseront jusqu’en fin de soirée.

 

Mais pour l’instant, il est plutôt l’heure de s’attabler. Ici, nul besoin de commander. Les serveuses arrivent et mettent sur la table tous les mets dignes d’un vrai repas de cabane à sucre. Les plats de cretons maisons, de jambons, de patates, de fèves au lard, d’omelettes, d’oreilles de crisse, de petites saucisses, de cornichons et de ketchup aux fruits sont partagés et se répartissent l’espace devenu trop restreint sur la table. Aussitôt les plats vidés de leur contenu, la serveuse en ramènent de nouveaux avant qu’arrivent les délicieuses crêpes et la tarte au sucre. Tout ceci bien enduit de sirop d’érable fabriqué à l’érablière même. C’est un repas très riche et copieux, mais combien réconfortant.

 

Le plaisir de la cabane à sucre est de se retrouver à cette tablée avec les gens que l’on aime et partager ce repas tel qu’il se le fait, ici au Québec, depuis le début du 19e siècle. La fabrication du sirop remonte même à l’époque des Amérindiens, bien avant l’arrivée des Colons. S’y retrouver est donc une manière de perpétuer nos coutumes, mais également de se régaler en bonne compagnie.

 

Et si vous essayez cette expérience typique au cours de vos voyages au Québec, n’oubliez pas, après le repas, de sortir à l’extérieur pour vous sucrer le bec encore plus avec la bonne tire sur neige. Ce serait un sacré sacrilège de ne pas goûter à ce produit si délicieux.

 

Rachel @ Voyager avec Découverte Monde

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