Mes premiers pas en Asie : parce que voyager en baroudeur fait aussi vivre des moments inconfortables

Viêt Nam - Journal de bord

Publié le Sat Mar 07 17:42:56 CET 2015 par :

musicalex

Baroudeur, routard , ascendant Expat, séjour long

Rédacteur

En voyageant à petit budget, il faut s'attendre à quelques moments pénibles sur la route : de l'attente interminable, des trajets inconfortables en autobus ou train, des restaurants plus ou moins propres et bien d'autres surprises! Pour ma part, cela fait partie de la magie de la route : sortir de sa zone de confort et expérimenter des petits malaises.

Mes premiers pas en Asie : parce que voyager en baroudeur fait aussi vivre des moments inconfortables

Nous devions retourner dans la capitale, pour une journée avant de nous enfoncer encore plus dans la chaleur et la torpeur du sud du Vietnam. Après une courte nuit tumultueuse et non reposante depuis Sapa, dans une couchette de train, nous avions 12h à attendre, avant de reprendre un autre train pour un trajet de 20h. Oui, nous avions devant nous le genre de journées qui te font douter sur la motivation de voyager en routard, sans organisation, ni confort.

 

Nous sommes donc arrivés à Hanoi, à 5h du matin, dans une chaleur moite et collante. Des centaines de Vietnamiens étaient déjà en train de courir autour du lac ou de faire du tai-chi en groupe. Paresseux avec nos dos dégoulinants à travers nos sacs de randonnée, nous avons fait la tournée des endroits où il était possible de s’assoir, toute la journée, en nous liant d’amitié avec des êtres originaux dans chaque lieu : un monsieur sans dent et la chemise ouverte, venu nous réciter tout ce qu’il savait du Canada; un rat dansant sur la table de nos voisins de notre petit-déjeuner et Enfin pour le repas du midi, un beau cafard rouge trottinant autour de nos jambes pour déguster nos miettes. Assise directement par terre en indien, je n'ai pas réussi à me débarrasser de la peur que l'insecte me galope en dessous de la jupe et le repas a vite été écourté. Au Vietnam, les cafards et les rats se promènent allégrement sur les trottoirs, la nuit, et on finit par s’y habituer, mais les voir se rapprocher dangereusement de ma nourriture m’a beaucoup moins enchantée.

 

À présent, il fallait supporter 20h de train. Au Vietnam, il y quatre classes dans les trains : couchettes molles et couchettes dures (les classes les plus chères mais dans lesquelles on peut au moins dormir), les sièges mous (à l’image des sièges des trains d’Amérique du Nord) et les sièges durs (qui sont de simples bancs de bois). Pour l’instant, nous n’avions voyagé que comme des riches, dans la classe des couchettes molles. Mais pour le plus long périple, nous tombions dans la semaine d’un congé férié et aucune place n’était disponible mis à part sur les sièges mous. Et ces sièges, nous nous étions battus tout de même pour les avoir, parce qu’acheter ses billets à la gare d’Hanoi relève du parcours du combattant. Un français un peu perdu attendait d’ailleurs depuis 2h quand nous étions arrivés dans le hall et puisqu’il n’a jamais réussi à s’affirmer comme moi et à élever sa voix devant le kiosque de vente, je soupçonne qu’il y soit encore le pauvre.

Il ne va sans dire que nous sommes montés dans le train avec grande réticence. 20h sur un siège mou quand on n’est plus très très jeune, ça donne un peu le vertige.

Mais finalement, l’épreuve ne fut pas si pénible et même plutôt enrichissante ; dans tout le wagon, nous étions bel et bien les seuls blancs. Quelques centilitres d'alcool dans le sang aident aussi à passer le coup.

 

Cependant, cela nous a fait constater deux choses : qu’il vaut mieux apporter son lunch en prévision d’un si long trajet car la nourriture dans les trains est particulièrement louche, et que les vietnamiens ne supportent pas l’alcool. Quelques hommes à l’arrière du wagon avaient ainsi bien profité de la bière et vers 1h du matin, lorsque tout le monde s’assoupissait doucement, le cou de travers, ils se sont mis à chanter et frapper le rythme des mains. Ils ont ainsi parcouru l’allée centrale des dizaines de fois en passant à travers tout le répertoire de chansons classiques vietnamiennes et en chantant de plus en plus fort. Loin de s’en offusquer, le reste de voyageurs s’est réveillé de leur demi-sommeil et a applaudi et ri pendant tout le temps de leur prestation...qui a été de ce fait, interminable. Pour le dépaysement, il n’y a pas mieux. Pour le sommeil, on repassera!

 

Nous sommes tout de même arrivés, sains et saufs à notre destination, un peu puants (2 journées sans se laver lorsqu’il fait 40 degrés, ça laisse des traces) et un peu grognons mais nous étions maintenant dans la plus belle ville du pays, un vrai cliché de carte postale, Hoi An.

Hoi An, c’est une petite ville, au bord d’une rivière, qui ressemble à tout ce que pouvez, vous imaginer de l’Asie traditionnelle : des ponts couverts, des arbres fleuris roses, un marché central, des temples mignons à chaque coin de rue, du monde en bicyclettes et des lanternes qui s’illuminent dans toute la ville à la tombée de la nuit. En plus, la ville se trouve à 10 minutes en vélo de la plage et est notoire pour sa gastronomie, ses boutiques et ses tailleurs. Clairement, nous n’avions plus envie d’y bouger. Non seulement notre estomac en redemandait mais tout notre être ne faisait que de se réjouir de cette Dolce Vita inouïe.

 

À suivre : Luxe, calme et volupté à Hoi An.

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jojolindien, le Sun Mar 08 14:25:11 CET 2015 Je me retrouve complétement, nous les routards on a tous vécus des rebondissements, des galères, des trucs de dingues sur les routes, et ça en fait des souvenirs enrichissants ;)

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