Carnaval de Maastricht (ou petite sauterie dans la rue de la soif)

Pays-Bas - À faire une fois dans sa vie

Publié le Wed Mar 05 16:00:34 CET 2014 par :

pilette

Expat, séjour long , ascendant Circuit organisé

Rédacteur

Comment j’ai failli tuer un tigre, en mangeant un beignet fourré crème au beurre.

Carnaval de Maastricht (ou petite sauterie dans la rue de la soif)

L’intérêt de travailler dans l’export, c’est qu’on est amené à pas mal voyager. Et à boire, je veux dire plus souvent que la moyenne. Il y a toujours un client pour vous payer un verre de vin. En ces temps de réjouissances profanes qu’est le carnaval, mon collègue et moi nous rendons à Maastricht.


Il y a trois catégories de gens :

 

1 - Les ordinaires, comme moi, en tenue de ville (5%).


2 - Les gens qui « ont fait l’effort ». La plupart sont des personnes d’un certain âge. Écharpe aux couleurs du carnaval, mais on voit bien qu’ils se sentent obligés (5%).


3 - Les Autres avec un grand A (80%), costumés de pied en cape, femmes, hommes et enfants. Des couleurs miroitantes, des camaïeux par-ci et des total looks par-là. Mon Dieu, c’est de toute beauté. Leurs visages sont complètement peints. Les accessoires jaillissent de toutes parts. Des colonies enthousiastes. Parfois, on constate qu’ils se sont imposé un thème (voir photo).

 

On distingue aussi une nette tendance au travestissement de genre : les hommes surtout. Vêtus comme des femmes aux moeurs légères, prostituées discount en résille fluo. Maastricht a un petit côté Dunkerque, finalement.


Mon collègue me fait remarquer qu’il y a une 4e catégorie : ceux qui restent au chaud dans les coffee shops, mais ce n’est pas la majorité (peut-être <1%).


Forts de nos connaissances néerlandaises suite à un contrat sur Amsterdam, mon collègue et moi, on décide de suivre le carnaval plutôt qu’autre chose. En une demi-heure, on est saouls, et nous voici dans la rue de la soif (toutes les villes ont cette rue), à boire des bières et des bières et des bières. Mario et Luigi nous accompagnent, bientôt rejoints par une Olivia Newton-John un peu bouboule, Jack Sparrow et un ersatz de sosie de Michael Jackson (rest in peace). Musique de fanfare, bonne ambiance somme toute, même s’il est impossible de s’entendre parler.


On s’achète quelque chose à grignoter. Pour ma part, un beignet fourré de crème pâtissière. Le gras me soulage, j’éponge un peu, c’est que je n’ai pas l’habitude de boire autant. Et puis, ils arrivent : les quatre animaux de la photo. Je suis concentrée sur ma crème au beurre, le tigre n’est plus concentré du tout, nous nous bousculons mutuellement, le tigre tombe dans une flaque de bière et soudain l’attaquent tous les enfants de la rue : trois Spiderman, un Schtroumpf, plusieurs fées-princesses-papillons et plusieurs oursons-chatons-lapinous. Ah, la violence des enfants. Ils donnent de grandes claques au tigre, des coups de pieds. Aucun adulte pour intervenir. Alors je reprends deux bières et j’en offre une au tigre. Je crois qu’il me pardonne et nous finissions l’après-midi ensemble à ne pas entendre ce que nous nous disons.

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