Lost In Roissy

France - Journal de bord

Publié le Tue Aug 27 21:55:54 CEST 2013 par :

annick

Baroudeur, routard , ascendant Rando, trek, nature

Promeneur en sandales

Mauvais Départ !

Lost In Roissy
3 heures de retard !
Nous embarquons finalement à 13h de l'Euroairport, pour un départ à 13h30 en direction de Roissy C.D, les minutes paraissent des heures et je sais que le prochain vol de correspondance n'est pas pour nous. Le temps de chercher les bagages et de courir au Terminal 1, il est 15h30 et cet horaire sur toutes les montres rencontrées sonne l'annulation de notre départ à 16h.....Premier choc !  j'aimerais encore y croire , mais renseignement pris, Qatar a bel et bien terminé l'enregistrement, et l'écran bleu semble nous narguer en affichant le mot "Qatar" en Grand. Nous ne partirons pas aujourd'hui ! Le rouge me monte aux joues et le stress m’assèche la bouche. Milles questions sans réponses me tournent dans la tête.
Racheter des billets, prendre un autre vol... Mais ce n'était pas prévu, pas de trésorerie et puis..et puis, c'est pas juste !
Le prix des nouveaux billets, se faire rembourser? Les 5 personnes que nous rencontrons , ne nous rassurent pas sur les possibilités pour nous faire rembourser.
La machine s'enraye , des larmes coulent sur mes joues, j'hésite entre la colère et la détresse,  et une dame derrière un comptoir est sensible à mon désarrois, elle nous conseille, nous donne les bons numéros de tél. ...ma tension se calme, je peux à nouveau parler, deuxième choc, nous dormirons à l'aéroport, les hôtels sont tous complets, à cause d'un foutu  "Salon du Bourget"
Nous avons encore 2   bonnes heures à slalomer entre des voyageurs pressés. Je me réconforte avec une barre chocolatée, la tension est maintenant retombée et nous cherchons un endroit où dormir. Une dame des ADP nous conseille les banquettes d'un café voisin souvent prisent d’assaut quand vient le soir ! Nous voilà comme une dizaine de  naufragés de la nuit à nous coucher sur nos bagages, je mets mes tongs et me colle à un dossier en skaï douteux , j'ai souvenir qu'il existe un livre qui note les meilleurs aéroports pour y dormir, et ceux de Paris viennent tout au bas de la liste.....   le brouhaha  me berce , la fatigue se fait ressentir dans la nuque, le son des pas disparaissent sous le bruit assourdissant des marteaux piqueur, et les incessantes annonces me tiennent bien réveillée.
Maintenant il est 3 heures du matin et j'écoute les bruits de l'aérogare de nuit, des hommes en orange se déplacent  en voiturettes et nettoient toutes les allées maintenant désertées. Des gyrophares ajoutent à l'étrangeté de l’atmosphère, et je crois que le silence ne se fera jamais. On parle au loin, des outils tombent à terre et les voiturettes repassent. Je pense d'un coup au film qui parle d'un réfugié qui squattait un terminal pendant des années...se faisant des amis dans le microcosme des gens de la nuit. Il est 4 h le panneau de pub devant le café m'indique les horaires d'ouvertures du "Paul" voisin, ma rappelant que mon estomac était en demande.
Le bruit des voiturettes s'éloigne, les tableaux d'affichage se mettent au bleu et des voyages improbables défilent de haut en bas de l'écran, j'attends avec impatience le jour se lever, je remarque toujours que l'on est plus mal la nuit et que le matin l'esprit a fait la paix avec le corps.
La journée commence à 5h pour nous pauvres naufragés, le bruit fracassant des chaises que l'on descend des tables sans ménagement pour nous signifier que l'heure de partir a sonnée. C'est au  premier employé du jour qu'incombe cette ingrate et sûrement répétitive tâche. Nous remettons nos chaussures en nous regardant d'un air hagard, en silence, il est 5h30 et ce qui choque le plus c'est le temps qui ne passe pas, pour le café ce sera l'automatique du coin, mieux que rien pour ce début de journée !
Nous repartons en tirant nos valises dans cet environnement presque familier maintenant . Nous voilà 24 h que nous sommes partis de chez nous et que nous n'avons pas encore quitté la France. Mais aujourd'hui c'est le départ vers Doha et le vol de 16h nous serons les premiers à le prendre. Le plus difficile sera de tuer le temps pendant les prochaines 8heures.
Petit déjeuner pris, le café fait du bien, c'est vers les 13h30 que nous arrivons devant le comptoir et attendons "les derniers seront les premiers...." j'ai déjà lu cette phrase quelque part ! Nous décollons enfin avec quand même 1 heure de retard mais heureux d'être en route vers notre destination..Enfin !
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