Trekking Cachora - Choquequirao - Machu Pichu

Pérou - Journal de bord

Publié le Thu Jul 04 15:38:47 CEST 2013 par :

grandmatth

Rando, trek, nature , ascendant Baroudeur, routard

Photographe

Ce trek est une alternative à l'Inka Trail, qui est hors de prix et surexploité. Il permet de rejoindre le Machu Pichu en 5 à 7 jours dans des paysages merveilleux et -pour l'instant- loin des touristes.

Le Choquequirao est une autre cite inca oubliée, comme le Machu Pichu, et qui a été redécouverte il y a quelques années seulement. Le site est immense, il serait pour l'instant que très partiellement extrait des arbres et de la végétation. Les travaux archéologiques sont en cours, avec le concours -il me semble- de la France. Il faut marcher deux jours avant d'accéder au site, ce qui retarde encore le tourisme de masse. Mais vu la volonté du gouvernement péruvien de désengorger le Machu Pichu grâce a ce site, cela risque de ne pas trop durer !!

Avant de partir, j'ai trouve plusieurs topos, dont le récit fascinant de Simon Dubuis qui l'a fait en autonomie (cf. fin du topo) mais tout ce que j'ai trouve m'a toujours semblé un peu incomplet.

Trekking Cachora - Choquequirao - Machu Pichu

 J-0 : Cuzco – Préparation du trek

Journée assez peu agréable, il s'agit de préparer le trek, acheter les vivres, combustibles, derniers vêtements techniques etc...

Nous avons prévu de partir avec une mule et un arriero de Cachora, il faut prévoir de la nourriture pour 7j pour nous deux et l'arriero, plus éventuellement une journée de rab pour le retour de l'arriero et pour nous car on a La Playa, on ne sait pas trop ce qu'on pourra trouver.

En pratique, il est possible de se ravitailler partiellement sur la route, mais ça reste TRÈS aléatoire, les boutiques étant souvent fermées et/ou vides. A La Playa par contre, c'est le retour -douloureux- à la civilisation, beaucoup de boutiques et de restos.

Faire les courses a  été un peu compliqué, car pas trop habitué à devoir gérer une semaine de nourriture en autonomie. Mais au final, ce qu'on a acheté était pas mal (on avait vu un peu large, mais ça nous a été bien utile en fait). Si ça peut vous aider, voici notre liste des courses :

  •   Pti dej

- lait en poudre (un sachet par matin), pas en boite – trop lourd

- céréales (1 sac par matin), ils font des mix de céréales parfait pour l'usage !

- pain industriel (1 sac par jour) – celui qu'on a acheté était infect, goutez le si possible...

- un pot de miel

- confiture en petit sachet individuel (1 par jour)

  •   Soir

- féculent : 2 ou 3kg de pates, 2kg de riz, 2 sachets de purée en poudre (on aurait pu en prendre plus et moins de riz, ça passe très bien et est vite cuit), semoule fine (cuit dans une sauce tomate, c'est pas mal. Mais ça nous a sauvé la vie au pti dej, avec du lait et un œuf : très nourrissant). Préférez les cuissons rapides, si vous trouvez !

- viande (saucisses de Strasbourg en boite, c'est merveilleux!!). Ils ont aussi des protéines de soja déshydratées. Ce n'est pas excellent, mais c'est très nourrissant et léger...

- sauce en sachet, une par soir

- soupe en sachet, une par soir

- légumes en boites (haricots...)

- une petite bouteille d'huile d'olive (important !!)

- un peu de sel (super important !!)

  •   Midi
          - salade de pate ou de riz cuit la veille

Légumes à ajouter : tomates, maïs en boite (on n’a pas trouve), concombre, poivrons (et ne pas confondre avec des piments !!)...

- protéines : 2 boites de thon ou 2 œufs/pers par jour

- sauce : un sachet de mayonnaise par jour

- fruits : Pommes, poires, beaucoup d'oranges (vitamines), un melon, bananes (plus dur à transporter)...

  •   Divers

- barres de céréales à gogo. Des barres locales ressemblant aux céréales du pti dej sont pas mal et bon marche. Mais on s'en lasse...

- fruits secs (se trouve à la pesée)

- une bouteille de Pisco (pour faire flamber les bananes le soir ^^)

- des œufs en rab, au cas où...

- sucre

- curry en poudre (pour les sauces)

- mate de coca

- des récipients en plastiques (pour mettre la salade du midi par ex)

- deux grands cabas en plastique tresse (Cf. photo) pour ranger les vivres : très utile !

- une gratounnette verte et un pot de leur détergent solide : pratique...

- sirop (j'ai trouve une sorte de Pulco dans un bidon d'un litre, même si je croyais que c'était  du jus, pas du sirop ^^). C'est utile pour retirer le goût 'micropure' de l'eau.

 

Au niveau de l'équipement, on redoutait le froid mais la région est plutôt chaude, même la nuit en altitude. Nous n'avons pas eu de neige ni même de névé, y compris au col a 4670m.

Prévoir :

- un bon duvet (confort proche de 0 degré qd même) et une tente bien étanche

- des vêtements de pluie (cape, pantalon étanche, protection de sac...)

- éventuellement des bâtons

- lampes

- briquets & allumettes dans un sac étanche


 

Il y a de très nombreuses boutiques de sport qui vendent équipements et prestations touristiques à Cuzco. Ne pas hésiter à leur demander des conseils, ils sont très serviables, même s'ils savent qu'on part en autonomie (ils proposent les treks avec 5 mules, plusieurs arrieros, un cuisinier et un guide officiel, la tente repas etc... Pour info, ce trek est facture vers 700 $ par personne avec une telle formule). Nous avons été mis en contact avec une personne à Cachora qui nous a réservé un arriero et une mule pour le lendemain, ainsi qu'un taxi pour aller au village (le bus ne va pas au village, mais s'arrête en passant au col au dessus !) dans une de ces boutiques (http://manujungletrips.com). Même si ce n'est a priori pas difficile de trouver un arriero à Cachora, on était bien content de lever cette incertitude.

Pour les courses alimentaires, je vous recommande d'aller à MEGA qui est le seul vrai supermarché qu'on a rencontre au Pérou.  Je n'ai plus l'adresse, mais tout le monde connaît là bas.

 

J-1 : Cuzco – Cachora – Chiquisqa

On prend le premier bus depuis la gare routière pour Abancay qui part de la gare routière vers 6H du mat. On arrive au croisement pour Cachora vers 10H. Notre taxi nous attend, on le paye un peu cher (30 soles au lieu de 20), mais c'était le prix fixe la veille. Plusieurs autres taxis attendaient des gens. Il aurait certainement été possible d'en partager un si nous n'en avions pas réservé. La descente sur le village est merveilleuse, la chaine de montagne en face (cordillère Vilcabamba) enneigée et à moitié dans les nuages donne un effet  féerique. On arrive une demi-heure plus tard au village chez l'intermédiaire qui nous a réservé l'arriero. Après une rapide inspection des vivres, on va manger dans le village pendant que Vincente -notre arriero- charge la mule. Elle portera les vivres, le réchaud et le combustible, la tente, les tapis de sol et les sacs de couchage. Le reste sera sur notre dos. On paye 20 soles pour l'arriero et 20 soles pour la mule, par jour. Soit 80 euros. Malgré les probables intermédiaires, on paye le prix juste sans négocier (d'autres ont paye 25 ou 30 soles).

On quitte le village vers midi en direction de la cordillère. Il n'y a en gros qu'un chemin : on va contourner les pics enneigés qui sont en face, par la gauche. Donc, en cas de doute à une bifurcation, prendre a gauche. ^^. Le chemin longe la montagne sur la gauche pendant 2H, en montant doucement au col Capuliyac, puis redescend rapidement dans la vallée du Rio Apurimac. Nous nous arrêterons au camping de Chiquisqa au KM20 un peu avant le fond de la vallée.

Il y a deux campings. Le premier est tout confort avec des sanitaires en dur et des coqs qui chantent à partir de 2H du matin. Le second, à peine plus loin, donne plus une ambiance ''camps d'entrainement du sentier lumineux'', mais il est possible de se doucher et de dormir sans coqs. On a  préféré le second. ^^ De là, on voit déjà le Choquequirao en face sur la gauche, dans un creux de la crête.

Il est possible de pousser  la marche plus loin, jusqu'au fond de la vallée où il y a des constructions en dur et des tonnes de moustiques. On peut aussi remonter en face, à Santa Rosa où il y a également plusieurs lieux de camping à 2H de marche depuis le pont sur le Rio Apurimac. Aller à un camping plus loin permet de passer un peu plus de temps le lendemain après-midi sur les ruines du Choque.

Il y avait de réguliers points d'eau sur le trajet toute la journée.

 

J-2 : Chiquisqa – Choquequirao

On descend jusqu'à la rivière (Rosalinas) avant d'entamer la remontée qui est assez pénible, au soleil et sous les coups des 'ien-ien' (petites mouches type drosophiles qui piquent/mangent la peau). On ne les sent que le lendemain quand ça gratte affreusement. Anti-moustique inefficace, le mieux c'est encore le mélange 'crème solaire+poussière'!!!). Au bout de ~4H de grimpette, vers le KM 29 ou 30, on arrive au col Marampata d'ùu on voit le Choque à nouveau. Il est visiblement possible de manger ici chez l'habitant. Encore 2H de chemin dans la forêt avant d'arriver au camping du Choque. Le Choque est au KM 39. Sur place, des tentes immenses des groupes organisés. On pose notre petite tente avant de monter aux ruines. Le site est immense, entre les terrasses en contrebas, les quartiers 'administratif' et religieux sur la crête, le fort plus haut et les autres terrasses avec les lamas sur l'arrière. Nous n'avons pas eu le temps et l'énergie de tout voir mais les moments étaient magiques. Merveilleux coucher de soleil sur les ruines, j'étais tout seul sur le site. Magique !

On a croisé un groupe de 3 français qu'on avait déjà vu a une auberge dans le Canon de Colca qui regrette de n'avoir pris mule/arriero & nourriture que pour 3-4 jours (juste pour voir le Choque aller-retour). De retour au camping, nos arrieros sont en train de discuter. Ils sont bons amis et nous proposent de continuer tous ensembles, avec une seule mule (l'autre mule est trop vieille pour le long trek). On trouvera un peu de nourriture sur la route, notre stock pourra être partagé : on a prévu vraiment large et ils porteront les sacs des trois français à la place de la mule. Notre mule sera aussi un peu plus chargé, mais ils sont très raisonnable (compare au Maroc ou j'ai plaint la mule pendant tout le trek !!). L'arriero sera payé comme s'il avait une mule, dans la mesure où ils portent le bagage à sa place, soit 40 soles par jour. On est tous ravi par la solution qui sera fêtée par des bananes au Pisco, à la mirabelle d'Alsace et au saucisson de sanglier (on est français ou on ne l'est pas...).

Penser à emmener la frontale en allant visiter le Choque : j'ai failli me perdre en rentrant après le coucher de soleil !!!

On contemple des orages toute la soirée sur tous les massifs. Seul le Choque semble épargné, on a  beaucoup de chance selon les arriero... Hum...

Autre petite mésaventure à noter : suite à un problème technique (genre mon compagnon mal réveillé ce matin), la moitié d'une des bouteilles d'essence pour le réchaud s'est vidée dans un des deux sacs a provisions. Le pain, les céréales du pti dej, les carottes sont sévèrement touchés et immangeables pour l'instant. Les fruits aussi, mais l'essence n'a pas pénétré... Enfin, le pire, les saucissons aussi ont pris, mais je ne peux pas me résoudre à les jeter. Le pti dej va être frugal à partir de là !!!

 

J-3 : Choquequirao – Maizal

Grosse journée aujourd'hui. On se lève tôt et on tente les céréales à l'essence... C'est infâme, on abandonne rapidement et on fera des rots à l'essence la moitie de la matinée... Vraiment pas terrible !!! On monte au col de Choquequirao en 1H environ. Il faut prendre le chemin qui monte depuis le milieu du camping en direction de Yanama (panneau). Aux croisements, toujours prendre les chemins qui montent (on a hésité un moment là...). En fait, c'est un des chemins qui retourne aux ruines, et juste avant d'entrer sur le site, il continue à monter. Je crois qu'il est aussi possible de passer par les ruines (histoire de voir le lever de soleil, mais il est pas mal masqué par les montagnes, le coucher est mieux !), mais je n'en suis pas certain. On reste dans la forêt dense et humide, en apercevant parfois sur notre gauche les ruines. Au col, on peut voir le programme de la journée : descente jusqu'au fond de la vallée du Rio Blanco et remontée en face sur le chemin raide. En haut, on voit une ferme qui est peu avant le camping. Impressionnant, va y avoir du sport !

La descente est tranquille, on quitte rapidement la forêt pour une végétation plus basse. A mi-hauteur, il y a encore quelques ruines du Choque qui sont en train d'être restaurées. Il s'agit de quelques terrasses nécessaires à l'approvisionnement de la cité. Il y a ici un point d'eau. La descente se termine sur quelques arbres curieusement chevelus en raison d'une sorte de lichen. On se croirait dans un film fantastique, impressionnant.

La pause déjeuner se fait au bord de la rivière. Les arrieros se baignent, l'un des nôtres aussi mais il le regrette vite : c'était un traquenard monte par les ien-iens, plus voraces que jamais !! C'est le dernier point d'eau avant le camping.

On se lance dans la montée de 1200m sous un soleil de plomb. Je laisse mes camarades pour filer le plus vite possible à mi-hauteur où la végétation rend la montée à nouveau plus agréable. J'arrive à la ferme après XXX H de montée. Je suis surpris de ne voir personne sinon un ânon et de ne trouver aucun point d'eau, alors que des randonneurs dorment régulièrement ici. Je poursuis le chemin qui continue juste au-dessus de la ferme pour arriver au camping de Maizal après 45 minutes de montée assez paisible.

Je suis très fier d'arriver avant les arrieros (ok, ils étaient charges comme des mules, mais quand même) et surtout très content de trouver à ce camping minuscule, qui est plutôt une ferme où on peut dormir sur 2-3 terrasses, de la bière fraiche !!! Pour la 1ère fois depuis que je suis au Pérou, je trouve leur bière bonne :-). En attendant les autres, je fais sécher les saucissons à une branche.

A l'heure de l'apéro, l'essence s'est a peu près évaporée, ils sont à peu près comestibles : avec la bière, c'est la fête !!

Le soir, on mangera à la bougie chez la famille qui habite ici, au milieu des cuy (cochons d'inde). Moyennant finance, ils ont tué et cuisiné dans une potée une poule. Pas extraordinaire (la poule était bien coriace), mais... meilleur que les protéines de soja !!!

A notre retour, on constate qu'un des chiens a profité de notre absence pour fouiller nos sac à provisions et a englouti les saucissons qu'on se rationnait. Ils étaient maudis, ces saucissons !!!

Au moment de se coucher (20H30 quand même!), les chiens recommencent à attaques notre sac à provisions, que nous avions bâchées. On finira par mettre le maximum sous l'auvent de la tente et dormir d'une demi-oreille, de peur qu'ils ne s'attaquent à la tente. Pénible... On le note pour la suite : demander à mettre les provisions à l'intérieur de la maison, au sec !!!

Ah oui, l'eau au camping est la pire de tout le trek, elle est même trouble. Prévoir de faire les bouteilles de micropure bien a l'avance...

 

J-4 : Maizal - Yanama

La vue du camping, en sortant de la tente, est, comme tous les matins, stupéfiante. Les céréales sont toujours immangeables, le pain devient acceptable. Pendant le pti dej, un cochon en profite pour chaparder le sac de carottes, complètement imbibées d'essence. Je pense qu'il a du mal le vivre, le pauvre cochon. 'Bien mal acquis jamais ne profite' : c'est vrai aussi pour eux ?? En tout cas, ça nous a venge nos saucissons !

On part pour le col de Maizal, 4100m d'altitude, dans la forêt chaude et humide. Il y a peu ou pas de ravitaillement d'eau dans la journée si je me souviens bien. Le chemin n'est pour une fois pas évident à trouver, mais en gros, il faut toujours monter... C'est un peu nuageux, mais ça va. On a beaucoup de chance avec le temps jusque là. Au cours de la montée, une faune et une flore superbe, des papillons, des colibris, des fleurs en pagaille... On croise quelques anciennes mines très profondes. Ça devait être horrible de devoir y travailler à cette altitude... On finit par sortir de la forêt 1H environ avant l'arrivée au col. Toute la montée au col aura été assez raide et difficile. On est content d'arriver. La vue est magnifique, on voit des glaciers et des pics qui dépassent certainement les 6000m. Le pique-nique se fait au col et on repart sur la droite dans la vallée de Yanama. Descente calme pour arrivée dans le village très typique qui sortait de la brume. Une impression de calme très Feng Shui se dégage de ce lieu, on y sentait vraiment les ondes positives :-)

On a essayé d'y trouver une échoppe, mais en vain. On a par contre pu téléphoner. Les gens regardent nos sacs et notre équipement avec envie. On comprend quand on apprend que la route la plus proche est à 2 jours de marche à pied !!!

Au repas du soir, on cuisine tous ensemble pour la première fois et ce sera vraiment un repas de fête pour le lieu : soupe d'asperge, purée & saucisses, haricots verts et mate de coca... Les cuisiniers sont fiers !! Il pleut plusieurs fois dans la nuit qui est un peu plus fraiche que d'habitude.

 

J-5 : Yanama – Totora

Lever de soleil magique au fond de la vallée où est situe le fameux col à 4670m qui est notre objectif du jour. A défaut de pain ou de céréales au pti dej, on improvise une bouillie avec du lait, de la semoule, du miel, un peu de sel et un œuf. Le résultat est très concluant, une vrai madeleine de Proust pour certains d'entre nous, mais surtout un pti dej bien nourrissant. Je recommande chaudement la recette pour les treks !!!

Le chemin remonte le rio Yanama pendant près de 3H. Il fait beau, pas trop chaud, les paysages sont merveilleux, comme toujours, et la montée est très progressive. Ce sera la plus belle matinée du trek. On croise plein d'enfants qui se rendent au village a l'école avec quelques morceaux de bois sous le bras pour le feu de la salle de classe ! Lorsqu'on arrive au cirque dans le fond de la vallée, le col va être légèrement sur la droite. Plusieurs sommets dépassants 6000m sont visibles, avec des glaciers majestueux. On arrive tranquillement au col où il fait un peu froid. Presque trop facile, surtout comparé au col précédent qui nous a semblé bien plus rude !

La descente se fait rapidement car il fait froid et la brume est tombée. Dans la vallée, on traverse le torrent sur un pont approximatif et on passe ce qu'on pensait être le campement. Totora sera un peu plus loin.

Là aussi, il est possible de s'arrêter un peu plus loin, il y a d'autres camping, mais ils sont plus fréquentés car notre route rejoint bientôt celle du trek du Vilcabambay qui est plus rapide.

Je me lave comme je peux à l'eau froide du robinet au milieu de la cour, devant le regard visiblement amusé de la tenancière de la mini-échoppe à cote  du camping. Moment de solitude !!

La nuit sera alternée de pluie et de chants de coqs à partir de 2H du matin... Dur !!!

 

J-6 : Totora – La Playa – Santa Theresa

La journée s'annonce aussi mauvaise que la nuit. Le ciel est bas, il pleut et on ne va faire que descendre jusqu'à La Playa. On prend le pti dej (il reste encore un peu de semoule...Hummmmm) à l’abri dans une case à cote du camping et on assiste en direct à la naissance de plusieurs cuy (cochons d'indes).

Après 1H30 de descente douce et humide, on arrive à un autre campement et un peu plus loin, au croisement avec le trek du Vilcabamba, on aura la bonne surprise de découvrir des bains chauds ! Bon, OK, c'est 3 soles et l'eau est brune... Mais c'est irrésistible !! Pensez à ne pas mettre les maillots de bains sur la mule ! Pour info, personne n'a eu de mycose chez nous ;-)

Le chemin continue un peu plus haut en face après avoir traversé la rivière. A partir de là, on a l'impression de revenir à la civilisation : des files de mules et d'arrieros, des boutiques, des touristes... On se rend compte qu'on vient de passer 3 jours en ne croisant absolument que des locaux, pas un touriste !

On arrive à La Playa un peu tardivement, nos genoux commençaient à faire mal, où on a mangé et fait sécher notre équipement.

On s'est séparé ici de nos arrieros et de la mule. Nous leur avons laissé le reste des vivres (ça ne faisait pas lourd!) et tout ce dont nous n'avions plus besoin (gamelles, bâtons...), ils étaient ravis !

A partir de là, il y a deux possibilités pour rejoindre Agua Caliende et le Machu Pichu :

 

1-Dormir sur place, prendre au petit matin un petit chemin inca qui coupe à travers montagne vers l'usine hydro. Prévoir 600m de dénivelé positif avec les sacs. A l'usine hydro, il faut encore marcher 3H sur les rails pour atteindre Agua Caliende. Grosse journée donc, mais le chemin serait magnifique, avec une vue depuis le point le plus haut sur le Machu Pichu.

2-Prendre le bus jusqu'à l'usine Hydro ou Santa Theresa pour quelques soles (une dizaine je crois).

 

Nous décidons (en bonne partie en raison de la mauvaise journée que nous venons de passer sous la pluie et parce que camper à La Playa n'avait pas grand chose de sexy) de ne pas faire le chemin inca (au passage, rien à voir avec l'Inka Trail...). Mais comme le restaurant a vraiment trainé pour nous servir (on est arrivé après tout le monde aussi), on prend le dernier bus qui arrive après le dernier train à l'usine hydro... Et il n'y a pas de camping là bas. On se rend donc un peu dépité à Santa Theresa où ce soir c'est la fête du village ! On verra passer sur un char la miss de l'année du lycée, suivit de toutes les classes en fanfares : très bonne ambiance ! Et une nuit dans un lit avec de l'eau chaude (non, je plaisante, elle était bien sûr froide... :D)

 

J-7 : Santa Theresa – Agua Caliende

On se lève tranquillement aujourd'hui, nous n'avons que 3H de marche devant nous. Du coup, nous descendons aux thermes de Santa Theresa qu'on nous a recommandé (surtout comparés aux ''bains boueux'' d'Agua Caliende). Ça nous a semblé cher à l'entrée (10 soles), mais le lieu est magnifique, l'eau limpide et agréable. Seul défaut : infesté évidement de ien-iens... C'est encore en travaux (comme toute la ville qui est en plein boom), mais une fois terminé, ça va être vraiment exceptionnel.

On prend un combi pour 3 soles en milieu de journée (c'est plus cher avant, car il n'y a pas de train et il aurait dû rentrer à vide) pour l'usine Hydro. On arrive juste pour contempler l'arrivée du prestigieux train. Après le pique-nique, 3H de marche à contourner le Machu Pichu (qu'on voit presque de partout) sur les rails. La marche est irrégulière, pénible, mais le paysage très agréable.

Arrivé à Agua Caliende, on se demande un peu d'où sort cette ville qui ressemble plutôt à une station de ski en Suisse : Hôtels luxueux, tout le monde propre et bien habillé ! Pour une fois, avec nos looks de trekkeurs pouilleux, on ne vient pas nous proposer un hôtel ou un menu !

Dans cette ville irréelle, on a trouvé un hôtel sympa et pas cher, bien qu'un peu humide : Inti Wasi, au dessus du marché à coté du pont Winacocha. Il est juste à droite du torrent au haut de la ville.

Il y a aussi un camping très proche du départ pour le Machu Pichu (vous passerez devant juste après la gare), c'est 15 soles la tente et il n'est pas gardé, donc il faudra emporter les sacs dans la journée : je le déconseille !

On ne saura aussi que recommander plus que chaudement LE resto de la ville (il faut réserver!) :Indio Feliz (Cf. Routard ou Lonely). Après une semaine de repas approximatifs, c'est un festin pour 50 soles largement justifiées... Accueil franco-péruviens des plus gentils en plus !

 

J-8 : Machu Pichu

 AVERTISSEMENT :

Je vais commencer ce paragraphe comme le routard : par un coup de gueule ! Plusieurs choses nous ont profondément choquées :

- le prix : l'entrée sur le site est ~120 soles. Un peu cher pour le pays, mais bon, ça peut passer, surtout si c'est pour la conservation et la rénovation des sites incas (enfin j'espère). Par contre, le train, seul moyen de locomotion pour Agua Caliende est hors de prix et détenu par une société privée. Nous avons payé notre retour 53$ pour 1h30 de train, alors qu'un voyage de 8H de bus coute ~5$ ! Pensez à réserver au plus tôt ce train pour rentrer, il sera un peu moins cher et au moins vous ne resterez pas coincé à Agua Caliende s'ils sont tous pleins (on a du attendre une nuit de plus, en basse saison, pour pouvoir repartir – j'ose pas imaginer en haute saison !). Enfin, le bus qui fait la liaison entre Agua Caliende et le Machu Pichu coûte 15$ pour un trajet ridicule. On est dans le tourisme de masse d'un haut lieu péruvien, dont la plupart des bénéfices vont, il me semble, à des compagnies privées : ça me semble bien triste !

- les restrictions à l'entrée :  il est interdit de faire entrer sur le site une bouteille de liquide ou de la nourriture. Le Machu Pichu est immense, le Wayna Pichu est une véritable montagne, avec les efforts et les risques qui y sont liés. Je trouve cette consigne ridicule, voire même dangereuse et recommande la désobéissance civique bien française : utilisez des poches à eau ou des bouteilles cachées au fond des sacs, cachez des barres de céréales et des fruits secs un peu partout, etc. Je vous assure qu'après 7 jours de marche, on n'a plus beaucoup de réserves et que c'est précieux. Il n'y a pas de point d'eau sur le site, ni de vente de nourriture. Il faut ressortir (le billet est valable toute la journée) et acheter à prix d'or (7 à 10x le prix normal au Pérou) ou récupérer un sac de vivre laissé préalablement à la consigne (payante). Pour info, les locaux pique-niquent sur les pelouses du Machu Pichu sans être dérangés... A bon entendeur !

- la sécurité : ça c'est le pompon ! Le site n'est absolument pas sécurisé, je le pense dangereux pour un jeune enfant un peu turbulent. Mais pas de quoi paranoïer non plus. Le Wayna Pichu par contre est une montagne qui est assaillie par les touristes (heureusement limités à 400 par jour), sur des chemins raides et étroits. Habitué à la montagne et même en général un peu casse-cou, je suis parfois resté perplexe devant les endroits où il fallait passer. Le sommet est petit et constitué de gros blocs de pierre espacés par des crevasses. 400 personnes ! Je n'ose pas imaginer le désastre par temps pluvieux. On est arrivé en haut parmi les premiers, mais peu à l'aise à l'idée d'une surpopulation sur ce bout de caillou entouré de falaises, on est vite redescendu pour nous reposer quelques mètres plus bas. Quelques minutes plus tard, un homme est tombé en se fracassant la tête, je ne sais pas s'il a survécu. Il a été redescendu en civière et je n'ai pas vu d'hélicoptère de la journée. Il a donc au mieux pris le train du soir pour aller à l'hôpital à Cuzco... En repassant sous le Wayna Pichu 3H plus tard, on a à nouveau entendu crier 'Help' d'en haut... Surréaliste ! Après cet épisode macabre et traumatisant, on a décidé d'aller voir le temple de la lune qui est derrière le Wayna Pichu, annoncé à 1H 30 de marche de plus que le sommet (pour faire la boucle). Il faut savoir qu'on redescend presque dans la vallée (~450m) avant de remonter. Sans eau ni nourriture, sous le soleil qui commence à être chaud et avec des passages dignes de via ferrata et avec la fatigue du trek, on a bien mis 3H. J'ai beau avoir été traumatisé par ce qui s'est passé au sommet, je pense que ça craignait sérieusement!!!
Je vous conseille donc d'éviter le Wayna Pichu qui a un intérêt très limité pour plutôt grimper la montagne Machu Pichu de l'autre coté du site : je crois que la montée est plus douce et surtout la vue est plus belle, puisqu'au moins vous verrez le pain de sucre du Wayna qui est très beau. C'est de là d'ailleurs que sont prises les cartes postales les plus classiques.

 

Comme la montée du Wayna Pichu est réservée aux 400 premières personnes, on décide de se lever de bonne heure et de grimper au Machu Pichu avant les 1ers bus (qui partent vers 5h30, dans un capharnaüm épique, il paraît !). On s'est donc levé dans notre petite auberge vers 4H et -surprise- la tenancière n'est pas réveillée ! Dommage pour notre pti' dej! Dommage aussi pour la porte principale qui est fermée à clé ! On finira par 'faire le mur' pour pouvoir sortir. On monte au radar et à la frontale, ambiance de course à laquelle on participe un peu malgré nous et on arrive parmi les premiers en haut après une heure de grimpette bien raide. Comptez 90 minutes à allure 'calme'. Le site ouvre à 6H (trop tard pour le lever de soleil), on le traverse tranquillement en prenant des photos au p'tit matin du site vide de monde et on arrive devant l'entrée du Wayna Pichu qui ouvre à 7H. La suite a déjà été racontée. Profitez de ce lieu magique tant qu'il y a peu de monde. En fin de journée également, ça devient très agréable. Je vous recommande aussi d'acheter un guide papier à défaut de prendre un guide pour comprendre un peu plus en profondeur ce site qui regorge de mystères... C'est un endroit remarquable. Il est presque impossible de le parcourir en totalité dans la journée (en allant jusqu'à la porte sur le chemin inca, et le pont inca de l'autre coté), mais éviter le Wayna Pichu doit déjà bien faciliter les choses !

 

J-9 & 10

Le train de 10h30 nous amène à Ollantaytambo dans la vallée sacrée pour midi. On mange dans un chouette resto (le KB Tambo) dont on recroise le cuisinier qu'on avait déjà vu pendant le trek. Je recommande chaudement les buritos ! ;-)

On a visité la vallée sacrée en moins de deux jours, ça en mérite peut être un peu plus... Le Boleto touristique est bien plus cher qu'indiqué dans les guides : 70 soles pour 2j et 4 sites, ~130 soles pour 10j et tous les sites. Je vous recommande les ruines d'Ollantaytambo et surtout de Pisac. Les salines (je n'ai pas eu le temps de les faire) sont apparemment aussi très belles. Pas grand chose à voire à Moray et Urubamba est une ville plutôt sans intérêt, sinon comme point de départ pour les Salines. Pour le reste, je n'ai pas eu le temps de visiter.

 

 

Alternative au trek :

On a rencontré des trekkeurs qui revenaient d'un itinéraire un peu plus long allant de Cachora Huancacalle, la toute dernière cité inca déjà dans la jungle, et prise par les espagnols pendant que les derniers inca fuient dans la jungle. La cité détruite au milieu de la forêt primaire et à 2j de marche de la 1ère route et des touristes dégagerait quelque chose d'unique. Les deux treks suivent le même chemin jusqu'à la vallée du Rio Blanco où il faudrait prendre la vallée de gauche au lieu de remonter à Maizal.

Il faut se dépêcher d'y aller, la route qui emmènera les touristes à ½ journée de marche est en construction : ça risque de ne plus être pareil d'ici peu !

 

Alternative pour aller au Machu Pichu sans trek :

Pour ceux qui ont du temps et peu d’argent, il est possible d’esquiver le train hors de prix et d’aller jusqu’à Santa Theresa en bus depuis Cusco. Cela prend 2 jours je crois. Ensuite, vous pourrez au choix marcher sur les rails ou prendre le train depuis l’usine Hydro pour un tarif déjà un peu plus raisonnable…

 

Bibliographie :

 Le site de Simon Dubuis :

http://www.andes.dubuis.net/telechargement/recits/

Et son topo :

http://www.andes.dubuis.net/telechargement/recits/cordillere_vilcabamba_du_choquequirao_au_machu_picchu.pdf

Sites commerciaux :

http://www.condetraveladventures.com/tour-choquequirao-to-machupicchu-9-days-and-8-nights.html

http://www.x-tremetourbulencia.com/choquequirao-machu-picchu-8-days.html

http://www.adventurecusco.com/camino-choquequirao-machupicchu-9d.php

 

Connectez-vous pour laisser un commentaire.
mimivoyage, le Tue Sep 24 08:59:26 CEST 2013 Merci pour le partage
annick, le Mon Sep 02 08:05:08 CEST 2013 Très complet ! on aurait aimé plus de photos ;-)
montrip, le Mon Jul 29 13:21:35 CEST 2013 Nous adorons le récit de ce voyage ! Bravo !

À LIRE dans la tribune Sensation & Sports